Intro. Saturday night looze fever.
Samedi souer on devait enterrer une
larve célibataire en sursis qui va se transformer dans une
semaine en charmant papillon avec une corde au cou. Un gersois
basané parti faire fortune chez les sombreros pour le compte
d'un gang de san diego (j'ai jamais bien compris s'il refourguait des
machines à plier les tubes ou de la cocaïne) (mais il
rigole toujours et il est jamais fatigué) et bien
décidé à se faire pendre par chez nous. Le gringos
devait ramener sa carcasse par le vol de 20H00, mais dans sa
volonté touchante de s'intégrer aux coutumes locales, il
a prolongé la sieste et à raté l'avion. Le con.
Enterrement déprogrammé, j'avais donc mon samedi de
libre. Plutôt que d'aller affoler une fois de plus mon ethylotest
intérieur, j'ai décidé de mettre à profit
cette soirée pour augmenter mon capital culturel en assistant
à l'une de ces soirées instructives qui fleurissent dans
notre bon sud-ouest. Direction le forum
ToLoozePunkers,
ou j'apprends
que dans le tarn y'a les Greedy Guts. Je suis pas fan de hardcore
californien à casquette, mais ça ira pour ce soir.
Direction "les rives sonores"
(à saint-jean de rives)(sonores).
Dois-je encore faire l'affront à mon lecteur adoré de
préciser que comme d'hab j'ai raté la moitié de la
soirée? En même temps c'est pas comme si c'était
pas fait exprès. C'est donc pendant
Slaene que
j'ai
débaroulé sur site. Ambiance kermesse, pas besef de
monde, la plupart en train de roupiller sur l'herbe. Mais les gens sont
gentils, quand le chanteur leur a demandé de se lever et de
s'approcher, ils l'ont fait. A la réflexion ce doit être
un poil
flippant de jouer devant un public allongé. En même temps
on minimise les risques de pogos macho pogo bobos, certes. Y'a du
concept là ; pour les prochains concerts anarcho-punk radicaux,
il faudra leur soumettre l'idée d'une pelouse (bio) devant la
scène, les mecs s'allongent ou s'assoient, et comme ça,
no violence on da pit. A noter. Pour en
revenir à
Slaene. En
fait c'est pas super simple de parler de
ce type de groupe. Parce que bon, ils ont l'air sympa, joyeux,
carrés,
ils se donnent à fond, ils y croient. Mais putain que ça
dégouline de banalités, de bons sentiments, de
superficialité. Slaene, c'est de la fusion datée. Ca
pouvait cartonner il y'a dix ans, ça rappelle le début
des
lofo, toute cette époque qui tentait de mélanger
métal rap funk ; ça se laisse écouter sans
véritable déplaisir mais ça s'oublie
aussitôt les micros coupés. La musique est carrée,
on voit bien que les zicos sont balèzes et qu'il y'a du boulot
derrière, c'est typiquement le groupe à tremplin, celui
qui n'en veut, qui a fait la une de rocksound, et qu'on va rapidement
oublier parce qu'il n'y a rien à en retenir. Ah si, ce refrain
magnifique, "Soyons vigilants, soyons méfihants (la y'a une
couille au niveau du nombre de syllabes, ndr), pour les respect de
nos ancêtres et celui de nos enfants". Oui voilà, respect.
Et ça finit en kargolade, tout le monde sur scène.
Interlude guilleret. Sur le
parking municipal, la jeunesse
délinquante tarnaise écoute Billy Ze Kick à fond
de burne. Ca fait un choc. Surtout quand c'est enchaîné
avec le neuronalement dangereux "mets de l'huile". C'est des oufs dans
le coin.
Enquillent les Sexypop. Encore
une fois c'est pas exactement mon style
de zic, mais un groupe qui s'est tapé la route depuis angers
pour jouer devant cinquante pèlerins et cinq marmots (les
pauvres gosses, ils savent même pas lire que déjà
ils sont sourds) éparpillés dans un champs et qui jouent
à donf, sans montrer une once de grosse tête, sympa avec
l'orga (je ne sais pas ce qu'ils ont fait à bouffer, mais tout
le
monde a remercié quinze mille fois
Rockcitarn), ça
mérite au moins qu'on y jette une oreille. Et c'est moins pire
que je pensais. A vrai dire, si le chanteur arrêtait cette
insupportable voix mélo/émo, je dirais presque que c'est
écoutable. Et je serais limite hypocrite, parce que sur
scène c'est vraiment pas mal ; la base on va dire que c'est de
la emo-power-pop (du hc melo en plus chiant), mais les cassages de
rythmes (le batteur est vraiment balu), les changement de voix
(mélo/hurlé) donnent un set bien énervé et
pas
monotone, contrairement à ce que j'avais imaginé. Je
range donc ça du côté des bonnes surprises. Bon
après si on cherche à creuser, évidemment on va
trouver grand chose, pas même un site web (juste la merdespace
habituelle qui leur sert de vitrine officielle), et une finition
très mainstream , gros son, pas un poil qui dépasse,
chant anglais et pas de messages entre les morceaux. C'est bien
étudié, efficace, et suffisamment lisse pour entrer sans
difficulté dans les oubliettes de l'histoire une fois que le
groupe aura
splitté.
Intermède fôlatre.
Sur cet inénarrable parking municipal, alors que je gribouillais
quelques notes que je n'arriverai pas à relire, un teufeur
speedé est venu me demander si j'avais pas un stylo. Difficile
de répondre non. Grand seigneur, j'entame une nouvelle page et
lui demande de me la balancer son infoline. Il me dégueule une
suite de nombre avec au milieu un "x" (oui, la lettre "x", comme dans
les films de q). Et ce "x" le laissait perplexe. Si bien qu'il m'a
demandé une demi-douzaine de fois si ça existait sur un
clavier de téléphone. Je lui ai suggéré
autant de fois qu'il me posait la question que c'était
peut-être la touche 9, mais je suis à peu près
sûr que son cerveau n'a jamais réussi à faire le
rapprochement, et quand il a fini par décarrer avec son bout de
papelard dans les pognes (il a peut-être senti monter en moi
cette sourde hésitation ; gauche ? droite? dans quelle narine
allais-je lui planter mon stylo?), l'idée de taper 9 pour un "x"
avait l'air de lui sembler toujours aussi saugrenue. D'ailleurs,
à la réflexion, son X c'était probablement une
astérisque. Mais alors, putain qu'est que j'en avais rien
à battre.
Pendant ce temps, sur scène les Greedy Guts faisaient les
balances. A minuit. Supaire.
Les Greedy Guts c'est plus ce que
c'était. Aaaahh... bon je sais par avance que les Greedy
Guts je vais pas trouver ça terrible, mais une petite rafale de
hc californien bondissant, si ça fait pas du bien, ça
peut pas faire de mal. Et voilà donc le fameux chanteur
chauve tout timide aux mimiques efféminées, le bassiste
trappu, et.... heing ?!? Euh.. ça fait un bail que je les ai pas
vu, mais dans ma mémoire le chanteur portait une casquette et
sautait partout, le bassiste s'appelait Nathalie, et l'ensemble ne
faisait pas de la somno-pop à la placebo. "
Bonsoir, on est pas les Greedy Guts, ils
n'ont pas pu venir, on est Spank".
Ah. Okay. Déjà le mec il est moins con que De Palmas, il
a bien vu le doute en nous s'immiscer. Mais bon, comme dit le
poète ; "
quand ça casse
les couilles, ça casse les couilles". J'ai tenu deux
morceaux. Je ne sais pas qui du système neuronal ou
névralgique aurait lâché en premier, mais comme je
ne suis pas joueur par nature, j'ai préféré garder
les deux en état de fonctionner, quitte à m'enfuir
pendant le troisième titre sans connaître la
réponse.
Rebelle un jour rebelle toujours.
Au retour j'ai refusé le racket à 1 euro 30 que la
noblesse locale impose aux gueux comme octroi à l'entrée
de la ville ; j'ai paumé trois quarts d'heures à
traverser des patelins aux consonances grolandaises. Ce qui au
prix de l'essence à dû s'avérer une
opération vachement rentable.